13. Florina



Comme un nombre incalculable d'autres éléments, nous avons choisi la destination de Florina complètement au hasard, sans rien connaître de cette ville. Nous voulions nous rendre dans une partie de la Grèce qui ne faisait pas appel à notre imaginaire préconçu. Florina est une petite ville, traditionnelle et encore bien dans son jus.

Le matin nous avons fait un très rapide tour de la ville et avons bu un café frappé sur une des très nombreuses terrasses de la rue principale. Ces cafés sont incroyablement bons et rafraîchissants. Ici on nous regarde beaucoup, la ville n'est apparement pas une destination touristique. Pas de cartes postales et jamais d'étranger. En nous promenant au pourtour de la ville, nous avons découvert la route des lacs.



Nous avons grimpé pendant environ deux heures des routes de montagne bordées de minuscules chapelles en espérant trouver un point d'eau où nous baigner joyeusement. Mais après une longue montée infructueuse nous avons constaté que les lacs n'existaient plus où avaient séché pendant l'été.


Sur cette photo, on voit l'intégralité de nos bagages pour tout le voyage.



Sur le chemin du retour, nous avons aperçu un cimetière sur le côté. Nous avons cherché l'entrée plus loin mais nous sommes allé vraiment trop loin et nous avons trouvé l'entrée d'un lieu plus étrange encore. Tout semblait abandonné, nous avons parcouru un grand terrain boisé envahi de hautes herbes. Nous avions beaucoup de petites boules de certaines plantes qui venaient s'accrocher sur nous et nous piquaient.
Nous avons marché sur une petite passerelle, et le terrain continuait encore. Nous apercevions plus loin des clôtures et nous nous doutions que nous étions dans une ancienne propriété abandonnée. Et puis nous avons vu une cage. Son aspect était étrange, très désuet et nous ne savions pas du tout qui ou quoi aurait pu vivre à l'intérieur. Mais peu à peu nous est venue l'idée que nous nous promenions dans un ancien zoo désaffecté. Il n'y avait aucun bruit et les mystérieuses cages entretenaient une atmosphère pesante.



Louise s'est arrêtée pour se débarrasser de toutes ses petites boules et enfiler un pantalon. J'ai continué l'exploration seul un peu plus loin. Il y avait un hangar, de vieux béton avec une grande porte en métal abîmé. J'ai pris un bâton pour me rassurer et j'ai approché de l'entrée. J'avais assez peur mais tout doucement j'ai ouvert la grande porte d'entrée. Elle s'est ouverte en grinçant et au sol il y avait de la paille. C'était une grande et haute pièce où il n'y avait plus aucun animal mais qui devait servir d'ancienne ménagerie ou écurie. Il y avait une deuxième porte en face, plus petite. J'y suis allé prudemment, et je l'ai ouvert un peu plus vite. C'était une petite pièce remplie de bazar avec au sol un cavadre de biche sec. J'ai été surpris dans ma découverte par une grande chouette qui a pris son envol quand elle m'a entendu et qui devait sûrement vivre dans cette pièce. Je me suis fait peur et j'ai fait venir Louise. Mais elle n'a pas voulu aller dans la pièce du cadavre. Nous avons encore marché dans le parc perdu et puis nous sommes repartis prendre les vélos.


La biche morte

Nous avons mangé dans un très bon restaurant au bord d'une rivière. Ils élèvent des oies et des canards dans ce point d'eau. Pour l'instant au niveau nourriture, nous n'avons vraiment pas à nous plaindre depuis le début du voyage. nous trouvons toujours de délicieuses choses locales excepté à Sofia, et pour vraiment peu d'argent sauf à Zagreb où nous sommes allé dans un restaurant chic par erreur. À Florina, nous avons goûté un renversant tatsiki et une salade grecque comme nulle part ailleurs.



Nous avons demandé conseil à la serveuse américaine et avons appris qu'il n'y a qu'une seule piscine à Florina, et la route pour y accéder est secrète. Nous avons suivi ses indications et avons découvert un étrange petit lieu, très adolescent. Cette piscine n'a pas l'air publique du tout. On dirait plutôt un grosse villa avec des jeux dans le jardin et une petite piscine privée et où plein de jeunes viennent faire la fête. Nous nous sommes baigné, il y avait des enfants et l'eau était verte. Encore une fois, impossible de se laver, la douche est situé à l'extérieur, devant tout le monde.









Nous nous sommes fait bronzer, et quand nous étions bien reposés, nous sommes rentrés à la ville. Elle était bien plus animée le soir et nous l'avons redécouverte.


J'adore le bleu de cette façade.




Ces endroits ressemblent beaucoup aux petites villes d'Italie du Sud que je connais.

Nous avons trouvé un charmant cimetière orthodoxe, peuplé de meutes de chiens sauvages qui rient comme des hyènes. L'église du cimetière est fréquentée par des vieilles dames entièrement vêtues de noir. Je suis très surpris par le culte des image qui est fait en Grèce. Les croyant adulent sincèrement les icônes dorés. Ils embrassent les tableaux, ont un vrai rapport sacré avec ces objets. C'est une étrange conception de l'image, magique et primitif.

En crème glacée, les Grecs se débrouillent très bien aussi.





Nous avons pris notre train pour Alexandroupolis assez tôt dans la soirée, mais en cours de route nous avons changé d'avis. Plutôt que de voyager de nuit et d'arriver au matin, nous avons été charmé par l'idée d'arriver à Thessaloniki vers 22h30 et de dormir sur la plage, à la belle étoile.
Bien sûr, c'était une toute autre aventure qui nous attendait là-bas.

2 commentaires:

jess a dit…

Je ne fais que lire tout tes choses depuis des heures.
Ce blog là, j'ai envie de prendre un train tu vois c'est fou, je veux faire du vélo au hasard moi aussi.
Je ne sais comment te dire que tu as fais une choses exceptionnelle en retraçant ce voyage de la sorte. Ce sont des perles tes mots, ils font voyager dans le canapé.
C'est le principal je crois, que des mots de voyage fassent justement voyager. Je ne sais pas combien il y a de pages mais je voudrais qu'il y en ai 1000 tu sais.

Cyrielle a dit…

Amusant, j'ai moi aussi constaté cette ferveur religieuse, en Grèce. (sauf que moi je l'ai fais de façon plus... traditionnelle)
Et c'est sur une aire de repos en montagne qu'on a appris l'utilité de ces toutes petites maisons dont tu as pris une photo et qui semblent pousser le long des routes !
Et bien quand on a appris ce que c'était, on a eu froid dans le dos...